sophie-87@bw.heraut.eu ha recensito Rabbit est riche di John Updike
La richesse inquiète de Rabbit
4 stelle
Je suis entré dans Rabbit est riche par la porte du confort, et j’y ai trouvé presque aussitôt une inquiétude cachée sous les signes de réussite. John Updike retrouve Harry « Rabbit » Angstrom à la fin des années 1970, installé dans une aisance nouvelle grâce au commerce automobile familial. Il vend des Toyota, vit avec Janice, fréquente le club, surveille son corps qui s’alourdit et regarde l’Amérique changer autour de lui.
Ce roman de la littérature américaine m’a frappé par sa manière de faire sentir l’époque à travers les détails ordinaires: essence chère, inflation, télévision, conversations politiques, désirs mal apaisés. Rabbit paraît avoir gagné ce que la vie promettait autrefois aux hommes de sa génération, mais cette richesse ne lui donne ni paix ni grandeur. Son fils Nelson revient avec ses désordres, son mariage reste fragile, et le passé continue d’envoyer des signes, notamment par le souvenir de Ruth …
Je suis entré dans Rabbit est riche par la porte du confort, et j’y ai trouvé presque aussitôt une inquiétude cachée sous les signes de réussite. John Updike retrouve Harry « Rabbit » Angstrom à la fin des années 1970, installé dans une aisance nouvelle grâce au commerce automobile familial. Il vend des Toyota, vit avec Janice, fréquente le club, surveille son corps qui s’alourdit et regarde l’Amérique changer autour de lui.
Ce roman de la littérature américaine m’a frappé par sa manière de faire sentir l’époque à travers les détails ordinaires: essence chère, inflation, télévision, conversations politiques, désirs mal apaisés. Rabbit paraît avoir gagné ce que la vie promettait autrefois aux hommes de sa génération, mais cette richesse ne lui donne ni paix ni grandeur. Son fils Nelson revient avec ses désordres, son mariage reste fragile, et le passé continue d’envoyer des signes, notamment par le souvenir de Ruth et d’une possible fille inconnue.
J’ai éprouvé devant Rabbit un mélange de distance et de compassion. Il peut être égoïste, vaniteux, sensuel, parfois aveugle aux autres. Pourtant, Updike ne le réduit jamais à ses faiblesses. Il le montre comme un homme qui sent le temps passer et qui voudrait encore croire à sa chance. Cette tension m’a touché, car elle rend la réussite elle-même mélancolique.
Le style m’a paru abondant, précis, charnel. Les objets, les repas, les routes, les intérieurs et les corps composent une matière presque trop vivante, comme si l’Amérique entière entrait dans la conscience de Rabbit. J’ai admiré cette capacité à faire d’une existence moyenne un miroir moral, social et intime. Cette lecture m’a donné la sensation d’une prospérité brillante mais fissurée. Elle protège les façades, sans calmer la mémoire ni le désir obstiné d’être encore reconnu par les autres.
En refermant Rabbit est riche, je n’ai pas seulement pensé à un homme devenu prospère. J’ai pensé à la fragilité de tout ce que l’on appelle succès. Le livre m’a laissé une impression dense et troublante: parfois, posséder davantage révèle surtout ce qui demeure impossible à combler.